En bref : La DLC (Date Limite de Consommation) est une limite sanitaire impérative — la vente est interdite une fois la date dépassée. La DDM (Date de Durabilité Minimale), qui a remplacé l’ancienne DLUO depuis 2015, est un indicateur de qualité : la vente reste possible après la date. En logiciel de stock, chaque lot reçoit sa date à la réception, et la méthode FEFO (premier périmé, premier sorti) fait sortir en priorité les lots dont la date est la plus proche.

Vous connaissez déjà la scène. Un lot part en expédition, et trois jours plus tard vous vous rendez compte qu’il restait au frigo un lot du même produit avec une date plus courte — celui qui aurait dû partir en premier. Personne n’a mal fait son travail. Le préparateur a pris le carton le plus accessible. Le système ne lui a rien dit. Résultat : le lot à date courte vieillit sur l’étagère, et vous le retrouverez dans la démarque de fin de mois. Multipliez ça par cinquante références à rotation rapide, et vous avez un problème de marge qui ne vient pas de vos achats, mais de votre logistique.
Ce guide part de ce problème concret : comment un logiciel de stock doit traiter les dates de péremption pour qu’il sorte le bon lot au bon moment — et pas seulement pour qu’il affiche une alerte quand il est déjà trop tard.
Quelle est la différence entre DLC, DDM et DLUO ?
Trois sigles, mais seulement deux logiques à retenir. Et la différence n’est pas cosmétique : elle décide de ce que vous avez le droit de faire avec un produit dont la date est passée.
DLC (Date Limite de Consommation) — une limite sanitaire, pas un conseil
La DLC concerne les denrées microbiologiquement périssables : viandes et charcuteries fraîches, poissons, plats cuisinés réfrigérés, produits laitiers frais. Sur l’étiquette, elle se lit « à consommer jusqu’au ». Une fois la date dépassée, le produit est présumé dangereux : sa mise en vente et sa vente sont interdites, et l’infraction est pénalement sanctionnée. Ce n’est pas une décision commerciale — c’est une obligation. Le produit sort de la vente, point.
DDM / DLUO (Date de Durabilité Minimale) — un indicateur de qualité
La DDM concerne les produits stables : conserves, pâtes, farines, biscuits, épices, café. Sur l’étiquette, elle se lit « à consommer de préférence avant le ». Passé la date, le produit peut avoir perdu en goût, en texture ou en propriétés nutritionnelles, mais il n’est pas dangereux : sa vente reste légalement possible si son état est satisfaisant.
Un mot sur la DLUO, parce que la question revient tout le temps : la DLUO (Date Limite d’Utilisation Optimale) n’existe plus officiellement. Elle a été remplacée par la DDM via le Règlement européen n°1169/2011, applicable en France depuis 2015. Les deux termes désignent exactement la même réalité légale ; « DLUO » traîne encore sur d’anciennes étiquettes et dans les documents internes de beaucoup d’entreprises.
Tableau comparatif DLC vs DDM/DLUO
| DLC (Date Limite de Consommation) | DDM / DLUO (Date de Durabilité Minimale) | |
|---|---|---|
| Définition | Limite sanitaire impérative | Indicateur de qualité |
| Mention sur l’étiquette | « à consommer jusqu’au » | « à consommer de préférence avant le » |
| Produits concernés | Viandes/poissons frais, charcuterie, laitages frais, plats réfrigérés | Conserves, pâtes, farines, biscuits, épices, café |
| Vente après dépassement | Interdite (infraction pénale) | Possible si le produit est en bon état |
| Enjeu | Sécurité sanitaire | Qualité perçue |
| Action logiciel recommandée | Blocage automatique de la sortie | Alerte, décision laissée à l’opérateur |
Sources : economie.gouv.fr et Règlement UE 1169/2011, consultés le 2026-07-10.
Pourquoi la distinction DLC / DDM change-t-elle tout pour votre gestion de stock ?
Cette distinction n’est pas un détail de juriste. Elle décide de la façon dont votre logiciel doit se comporter — parce qu’un produit à DLC dépassée et un produit à DDM dépassée n’appellent pas la même action.
DLC dépassée : blocage obligatoire, pas simple alerte
Sur une DLC dépassée, l’opérateur n’a pas le choix : le lot doit être retiré de la vente et traité comme déchet ou détruit. Une sortie de stock sur un lot DLC périmé est une infraction, avec le risque de contrôle DGCCRF et, en cas de problème avéré, de rappel produit.
C’est pourquoi une simple alerte ne suffit pas ici. Un message « ce lot expire bientôt » laisse toujours la porte ouverte à l’erreur humaine. Le bon comportement, c’est le blocage : le logiciel doit empêcher purement et simplement qu’un lot DLC dépassé soit affecté à une commande sortante, au niveau de la règle et non de la vigilance du préparateur.
DDM dépassée : décision commerciale, pas sanitaire
Sur une DDM dépassée, la logique s’inverse. L’opérateur peut décider de vendre en démarque, de donner à une association, ou de détruire — c’est un arbitrage commercial, pas une contrainte sanitaire. Ici, un logiciel qui bloque automatiquement vous ferait perdre de l’argent sur des produits parfaitement vendables. Le bon comportement, c’est l’alerte, avec la décision qui reste entre vos mains — sauf si vous choisissez explicitement de paramétrer un blocage.
À noter : cette logique dépasse l’alimentaire. Les cosmétiques et compléments alimentaires suivent des règles voisines, avec en plus la PAO (Période Après Ouverture), distincte de la date de péremption. Le principe reste le même : votre outil doit savoir quel régime s’applique à quel produit.
Qu’est-ce que le FEFO et pourquoi remplace-t-il le FIFO en agroalimentaire ?
Une fois que le logiciel connaît la date de chaque lot, reste la question la plus concrète : lequel sort en premier ? C’est là qu’intervient la FEFO.
Quelle est la différence entre FEFO et FIFO ?
Le FIFO (First In, First Out) sort le lot entré en stock le premier. C’est logique dans beaucoup de cas — mais insuffisant dès qu’il y a des dates de péremption, parce que le lot le plus ancien n’est pas toujours celui qui périme le plus tôt.
Le FEFO (First Expired, First Out — premier périmé, premier sorti) sort le lot dont la date d’expiration est la plus proche, quelle que soit sa date d’entrée. Un exemple concret : deux lots reçus le même jour, l’un à DLC J+5, l’autre à DLC J+15. En FIFO, le système peut sortir n’importe lequel. En FEFO, il sort le J+5 en priorité. Et quand une nouvelle livraison arrive avec une date plus courte qu’un lot déjà en stock, le FEFO recalcule automatiquement l’ordre de sortie. En agroalimentaire, c’est la méthode de référence pour limiter les pertes sur produits à date courte. Pour aller plus loin, voir notre page dédiée à la méthode FEFO en entrepôt.
Comment le FEFO est-il appliqué au picking : alerte vs enforcement ?
Voici le point que beaucoup d’outils ratent. Afficher « ce lot expire bientôt » relève de la visibilité. Diriger le préparateur vers le bon lot — et l’empêcher, ou au moins l’avertir, s’il en prend un autre — relève du contrôle.
La distinction est décisive sur le terrain. Une alerte n’empêche personne de prendre le mauvais carton un jour de rush. L’enforcement FEFO, lui, propose automatiquement le lot à date la plus courte au moment de la préparation de commande, et signale l’écart si un autre lot est choisi. C’est la différence entre un système qui vous informe et un système qui vous protège.
Peut-on configurer une stratégie de sortie différente par produit ou par emplacement ?
Tous vos produits n’appellent pas la même rigueur. Un produit frais à rotation rapide justifie une FEFO stricte ; des épices dont la DDM court sur deux ans peuvent très bien tourner en FIFO. Un logiciel correct vous laisse définir la stratégie de sortie par référence ou par emplacement, pas seulement en réglage global.
Que doit faire concrètement un logiciel de stock avec les DLC, DDM et DLUO ?
Au-delà de la théorie, voici concrètement ce qu’il faut attendre d’un outil sur ce sujet — le cahier des charges minimal.
À la réception : comment enregistrer la date par lot, pas par référence ?
La date de péremption n’appartient pas à la référence produit, mais au lot. Deux réceptions de la même référence à deux semaines d’écart n’auront pas la même DLC. À chaque réception, l’opérateur doit donc saisir (ou scanner) le couple numéro de lot + date de péremption. Le logiciel enregistre ce couple dans le stock, et toutes les sorties ultérieures en héritent.
Alertes configurables : J-X avant péremption, par type de date
Une alerte à J-30 sur une DLC ne veut pas dire la même chose qu’une alerte à J-30 sur une DDM : la première déclenche une action urgente, la seconde une réflexion commerciale. L’outil doit donc permettre des seuils distincts selon le type de date, et notifier l’équipe opérationnelle au bon moment — pas seulement produire un rapport hebdomadaire que personne ne lit à temps.
Blocage automatique des lots périmés
Comme vu plus haut : un lot DLC dépassé ne doit pas pouvoir être affecté à une commande sortante, et le blocage doit se jouer au niveau de la règle. Un lot DDM dépassé, lui, peut être paramétré en « démarque » ou « à confirmer » selon votre politique.
Vue d’inventaire par lot avec dates triées
Enfin, il faut pouvoir consulter à tout moment les lots en stock triés par date de péremption croissante, avec des filtres par référence, par entrepôt et par plage de dates, et un export exploitable en cas de contrôle ou de rappel. C’est aussi le socle du « une étape en amont, une étape en aval » exigé par l’article 18 du Règlement CE 178/2002, qui ne prévoit aucune exemption pour les PME. Ce point est développé sur notre page dédiée à la traçabilité amont/aval.
Quand un tableur, un outil spécialisé ou votre ERP actuel suffit-il ?
Un logiciel de stock dédié n’est pas toujours la bonne réponse. Voici, honnêtement, les cas où vous n’en avez pas besoin — ou pas de celui-ci.
Le tableur suffit si…
Moins d’une vingtaine de références avec dates, une seule personne aux achats, un seul emplacement, pas d’obligation IFS/BRC, des volumes faibles et une traçabilité amont/aval encore gérable sur papier : dans ce cas, un tableur bien tenu fait le travail. Le tableur vous a permis de démarrer, et il n’y a aucune honte à s’en servir.
Ses limites, à connaître : il ne bloque pas un picking sur le mauvais lot, il ne génère pas d’alertes automatiques, et il ne produira pas en quelques minutes le rapport de traçabilité d’un lot le jour où vous en aurez besoin pour un rappel.
Odoo suffit si vous êtes prêts à l’implémenter avec un intégrateur
Soyons clairs : Odoo gère nativement les lots, les dates d’expiration et la stratégie FEFO par emplacement, et ce depuis plusieurs versions. C’est une capacité mature et documentée. La question, avec Odoo, n’est pas la fonctionnalité — c’est le projet. Un déploiement Odoo passe le plus souvent par un intégrateur, avec un budget de services qui va typiquement de 10 000 à 50 000 €. Si votre équipe peut porter ce projet, c’est une option solide. Avec Qoblex, la traçabilité s’active en autonomie via une option à 49 $/mois, sans intégrateur : la différence se joue là — sur le délai de mise en route et la prévisibilité du coût pour une PME sans DSI, pas sur ce que l’outil sait faire.
EBP et Sage 100 suffisent si vous êtes déjà dessus, au bon niveau de gamme
EBP Gestion Commerciale gère bien les dates de péremption, via son Module N° de Série/Lot. À noter : ce module est un add-on payant réservé à l’offre ELITE — pour y accéder, il faut donc faire monter tout le plan au niveau supérieur. La documentation publique décrit un tri des lots par date croissante à la facturation ; l’enforcement FEFO au moment du picking reste à confirmer auprès d’EBP.
Sage 100 gère lui aussi les champs DLC/DDM/DLUO par lot et supporte une politique FEFO ; la fonctionnalité est documentée en Gestion de Production, et il convient de vérifier sa disponibilité équivalente en Gestion Commerciale standard auprès de votre partenaire Sage.
Dans les deux cas, le raisonnement est le même : si vous êtes déjà en production sur ces outils, au bon niveau de gamme, et que vos volumes sont compatibles avec leur modèle de coût, rester est une décision parfaitement raisonnable.
Un ERP agroalimentaire spécialisé si votre activité est exclusivement food à grand volume
Des ERP verticalisés (type Hello Harel, Difagro) sont conçus de A à Z pour l’agroalimentaire : HACCP, découpe, traçabilité ingrédient, étiquetage automatique. Si votre cœur de métier, c’est la production alimentaire à grande échelle, un ERP spécialisé sera plus adapté que Qoblex. Qoblex vise l’opérateur qui fait de la distribution, du commerce multicanal ou de la production légère, et qui a besoin de connecter ses stocks à ses canaux de vente.
Comment Qoblex gère-t-il les DLC, DDM et DLUO en pratique ?
Qoblex est votre couche de stock et de traçabilité — il gère les lots, les dates et les mouvements ; il se couple à votre outil comptable pour la facturation, il ne prétend pas faire votre comptabilité. La gestion des DLC/DDM/DLUO, des numéros de lot et de série, du FEFO et des rapports de traçabilité avancés fait partie de l’option de traçabilité à 49 $/mois, facturée à plat (pas par utilisateur) : vous l’activez sur n’importe quel palier — Starter ou Business — sans changer d’abonnement ni passer par un intégrateur, et elle est incluse sur le palier Scale. La fabrication (MRP / nomenclatures légères) et le multi-entrepôt avec emplacements, eux, sont inclus sur tous les paliers.
Enregistrement lot + date à la réception
À la réception, chaque lot est enregistré avec son numéro et sa date de péremption (DLC ou DDM). L’information est portée par le lot et suit le stock jusqu’à la sortie.
Stratégie FEFO active : le bon lot proposé automatiquement
L’option de traçabilité active la gestion des lots, des numéros de série, des dates d’expiration et la stratégie FEFO. À la préparation de commande, le lot dont la date est la plus courte est proposé en priorité — la logique premier périmé, premier sorti est appliquée dans l’outil, pas laissée à la mémoire du préparateur.
Alertes de péremption et vue d’inventaire par lot
Les alertes de péremption sont configurables, et l’inventaire se consulte par lot, trié par date. Vous voyez d’un coup d’œil ce qui approche de sa limite, par référence et par entrepôt.
Traçabilité amont/aval en quelques clics (CE 178/2002)
Parce que tout est rattaché au lot, reconstituer l’historique d’un lot — d’où il vient, où il est parti — se fait dans la même interface que vos commandes et vos réceptions. C’est le socle de la traçabilité agroalimentaire exigée par l’article 18 du Règlement CE 178/2002. Le tout multi-entrepôts et multi-emplacements.
Tarifs Qoblex : Starter 99 $/mois, Business 179 $/mois, Scale sur devis ; option de traçabilité +49 $/mois à plat (incluse sur Scale). Essai gratuit de 14 jours, sans frais d’installation ni engagement. Abonnement facturé en USD (les transactions peuvent être multidevises).
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre DLC et DDM (anciennement DLUO) ? La DLC est une limite sanitaire : la vente est interdite après dépassement, le produit peut être dangereux. La DDM (ex-DLUO) est un indicateur de qualité : la vente reste possible après la date, même si la qualité peut avoir baissé. Distinction fixée par le Règlement UE 1169/2011.
Peut-on encore vendre un produit dont la DDM est dépassée ? Oui, c’est légalement possible pour les produits à DDM, à condition que le produit soit en bon état et correctement identifié. C’est en revanche interdit pour les produits à DLC.
Quelle est la différence entre FEFO et FIFO ? Le FIFO sort le lot entré en stock le premier. Le FEFO sort le lot dont la date d’expiration est la plus proche, quelle que soit sa date d’entrée. Le FEFO est la méthode recommandée en agroalimentaire pour réduire les pertes sur les produits à date courte.
Un logiciel de stock doit-il bloquer automatiquement les lots périmés ? Pour les DLC : oui, le blocage automatique est la bonne pratique, car toute sortie sur un lot DLC dépassé est une infraction. Pour les DDM : une alerte suffit, la décision de vente restant un arbitrage commercial de l’opérateur.
Qoblex gère-t-il les DLC, DDM et le FEFO, et à quel prix ? Oui. La gestion des champs DLC/DDM/DLUO par lot, les alertes configurables et la stratégie FEFO font partie de l’option de traçabilité de Qoblex, facturée 49 $/mois à plat (pas par utilisateur). Elle s’active sur n’importe quel palier — Starter (99 $/mois) ou Business (179 $/mois) — sans changer d’abonnement, et elle est incluse sur le palier Scale. Abonnement facturé en USD.
EBP et Sage 100 gèrent-ils les DLC et le FEFO ? EBP : oui, via son Module N° de Série/Lot, add-on payant réservé à l’offre ELITE — l’enforcement FEFO au picking reste à confirmer auprès d’EBP. Sage 100 : la politique FEFO est documentée en Gestion de Production ; sa disponibilité en Gestion Commerciale standard est à vérifier auprès de votre partenaire Sage. Dans les deux cas, vérifiez le niveau de gamme et l’option tarifaire applicables à votre contrat.
La DLUO existe-t-elle encore sur les étiquettes ? Officiellement, non : la DLUO a été remplacée par la DDM avec le Règlement UE 1169/2011, entré en application en 2015. Des étiquettes anciennes ou des documents internes peuvent encore employer « DLUO » — les deux désignent la même chose.

