Un guide écrit du point de vue d’un opérateur en secteur réglementé, pas d’un classement sponsorisé. La vraie question n’est pas « mon logiciel peut-il stocker un numéro de lot ? », mais « à quel prix, dans quel palier, et est-ce que le FEFO est réellement appliqué au picking — ou seulement affiché à l’écran ? ».
En bref. Un logiciel de gestion de lot et de péremption attribue un numéro de lot à chaque réception, enregistre la DLC ou DDM, et applique le FEFO (premier périmé, premier sorti) au picking pour éviter la mise en circulation de produits périmés. Il est indispensable dès que vous distribuez des produits datés en secteur réglementé — agroalimentaire, cosmétique, compléments. Le différenciateur clé entre les offres : lot natif inclus vs add-on de tier supérieur vs add-on facturé par utilisateur.
Sommaire
- Qu’est-ce que la gestion de lot et de péremption dans un logiciel de stock ?
- Quels secteurs ont besoin d’un logiciel de gestion de lot et de péremption ?
- Comment un logiciel gère-t-il concrètement les lots et les dates de péremption ?
- Quel est le vrai coût d’accès à la traçabilité par lot ? Comparatif des modèles
- Quand votre outil actuel suffit — et quand il ne suffit plus
- Questions fréquentes
Qu’est-ce que la gestion de lot et de péremption dans un logiciel de stock ?
Vous distribuez des produits datés — cosmétiques, compléments alimentaires, denrées. Un client vous demande de reconstituer l’historique d’un lot précis, ou un fournisseur vous signale un défaut sur une production. Combien de temps vous faut-il pour retrouver, aujourd’hui, où est parti chaque flacon de ce lot ? Si la réponse se compte en heures de fouille dans des bons de livraison et un tableur, vous connaissez déjà le problème que cette page traite.
Le tableur vous a mené jusqu’ici. Il n’est pas l’ennemi : il enregistre bien des quantités. Mais gérer un lot n’a rien à voir avec gérer une quantité. Une quantité, c’est « il reste 240 unités ». Un lot, c’est « ces 240 unités appartiennent à trois productions différentes, avec trois dates de péremption, reçues de deux fournisseurs, et dont certaines sont déjà parties chez quatre clients ». Suivre ça à la main tient tant que le volume est faible. Au-delà, ça cesse de rester vrai assez vite pour qu’on puisse s’y fier.
Lot vs série : deux niveaux de traçabilité, deux usages sectoriels
Un numéro de lot (batch number) identifie un ensemble d’unités produites ou reçues dans les mêmes conditions : même fabrication, même DLC, même fournisseur. C’est la maille de l’agroalimentaire et du cosmétique, où l’on suit des groupes d’unités interchangeables.
Un numéro de série (serial number) identifie une unité individuelle, tracée à l’exemplaire. C’est la maille des équipements et de certains médicaments à suivi unitaire, où chaque pièce a sa propre histoire.
Il existe un troisième niveau, le SSCC (Serial Shipping Container Code), qui identifie une unité logistique — une palette, un colis — pour la traçabilité au transport. La plupart des PME travaillent au niveau lot ; le série et le SSCC répondent à des besoins plus spécifiques.
DLC, DDM, DLUO — les trois dates gérées par un logiciel de traçabilité
Un logiciel de traçabilité ne gère pas « une date de péremption » mais plusieurs, juridiquement distinctes. La DLC (Date Limite de Consommation, « à consommer jusqu’au ») concerne la sécurité : passée cette date, le produit est retiré. La DDM (Date de Durabilité Minimale, ex-DLUO, « à consommer de préférence avant ») concerne la qualité : le produit reste consommable, mais ses qualités peuvent diminuer. Un bon logiciel les rattache au lot, pas au produit générique — parce que deux lots du même article n’ont pas la même date. Pour le détail de ces trois dates, voir notre glossaire sur la différence entre DLC, DDM et DLUO.
Ce que « gérer un lot » implique réellement dans le logiciel
Gérer un lot, ce n’est pas cocher une case. C’est une chaîne complète : associer le numéro de lot et sa date à la réception, prélever le bon lot au picking, tracer le lot expédié à la livraison, puis pouvoir reconstituer en amont et en aval qui a reçu quoi. C’est cette chaîne — pas la simple présence d’un champ « numéro de lot » — qui sépare un vrai logiciel de traçabilité d’un outil qui affiche une donnée sans l’exploiter.
Quels secteurs ont besoin d’un logiciel de gestion de lot et de péremption ?
Pour ces secteurs, la traçabilité par lot n’est pas un confort. C’est le minimum opérationnel et, souvent, une obligation.
Agroalimentaire — CE 178/2002, DLC et FEFO
Le Règlement (CE) n° 178/2002, en son article 18, impose la traçabilité « une étape en amont, une étape en aval » à tous les opérateurs du secteur alimentaire, sans exemption pour les petites structures (texte du règlement sur EUR-Lex). Concrètement : vous devez pouvoir dire de qui vous avez reçu un lot et à qui vous l’avez livré. En cas de rappel ou d’audit, la reconstitution doit être rapide. C’est aussi le terrain naturel du FEFO, pour ne pas expédier un lot proche de la péremption pendant qu’un lot plus récent dort en rayon. Si l’agroalimentaire est votre cœur de métier, notre logiciel de traçabilité agroalimentaire entre dans le détail réglementaire vertical.
Au-delà de l’alimentaire : les autres secteurs concernés
La traçabilité par lot et par date ne concerne pas que l’agroalimentaire. Dès que vous mettez en circulation des produits datés — cosmétiques, compléments alimentaires, produits de santé — la capacité à identifier un lot, à suivre sa date et à le retirer rapidement en cas de problème relève de la même logique opérationnelle. Le cadre réglementaire précis varie selon le secteur et selon votre rôle (fabricant, distributeur), mais le principe de fond ne change pas : lot identifié, date suivie, retrait traçable. Vérifiez auprès de votre autorité ou conseil sectoriel l’obligation exacte qui s’applique à votre activité.
Comment un logiciel gère-t-il concrètement les lots et les dates de péremption ?
La réception : associer lot + DLC à l’entrée en stock
Tout commence à la réception. Quand la marchandise arrive, vous saisissez le numéro de lot et sa date (DLC ou DDM) au moment de l’entrée en stock. Le logiciel rattache la date au lot, pas au produit générique — de sorte que deux réceptions du même article, avec deux dates, restent distinctes dans le système.
Le picking guidé : comment le FEFO est appliqué (ou non) à la préparation de commande
C’est ici que se joue la vraie différence entre les outils, et c’est le point le plus mal compris. Le FEFO (First Expired, First Out — premier périmé, premier sorti) n’est pas le FIFO (First In, First Out). Le FIFO sort d’abord ce qui est entré en premier ; le FEFO sort d’abord ce qui périme en premier. Sur des produits datés, seul le FEFO évite d’expédier un lot proche de la péremption.
La nuance qui sépare les logiciels : le FEFO est-il appliqué au picking — l’outil guide le préparateur vers le bon lot au bon emplacement — ou seulement affiché sur un écran ? Certains outils se contentent d’une auto-sélection de la date la plus proche au moment de créer un document (une facture, une commande). C’est utile, mais ce n’est pas la même chose qu’un guidage physique de prélèvement par emplacement. Nous détaillons cette distinction dans notre glossaire sur la méthode FEFO (premier périmé, premier sorti).
Les rapports de traçabilité : reconstituer un lot en amont et en aval
Un rapport de traçabilité ascendante remonte d’un produit fini vers ses composants et fournisseurs. Un rapport de traçabilité descendante part d’un lot pour retrouver tous les clients qui l’ont reçu. Les deux ensemble sont ce que vous sortez lors d’un audit ou d’un rappel. Sans eux, vous êtes de retour dans le tableur et les bons de livraison.
Les alertes péremption : paramétrer un délai avant la DLC
Une alerte péremption vous prévient X jours avant qu’un lot n’atteigne sa date, pour l’écouler, le déstocker ou le solder à temps. C’est le mécanisme qui transforme la donnée « date de péremption » en action opérationnelle, plutôt qu’en constat après coup.
Quel est le vrai coût d’accès à la traçabilité par lot ? Comparatif des modèles
La plupart des outils sérieux savent, techniquement, stocker un numéro de lot. La vraie question d’achat n’est pas « est-ce possible ? » mais « dans quel palier, à quel prix, et facturé comment ? ». Trois modèles d’accès coexistent sur le marché, et ils ne coûtent pas la même chose selon votre taille.

Le tier-gating : quand la fonctionnalité existe mais pas dans votre abonnement
Le premier piège est le tier-gating : la fonctionnalité existe « dans le produit », mais pas dans votre abonnement. Chez EBP, la gestion des numéros de série et de lot passe par un module add-on payant, disponible sur le tier ELITE uniquement, sur devis (page module EBP). Autrement dit, accéder à la traçabilité peut vous imposer de monter d’abord de palier — un coût indirect que le prix d’appel ne montre pas.
Le coût par utilisateur vs le coût à plat — ce que ça change à 3, 5 ou 10 utilisateurs
Le second modèle facture la traçabilité par utilisateur. Chez Sellsy, le lot et la date de péremption passent par l’add-on tiers Stockpit, dont le plan Boost démarre à 59 € par utilisateur et par mois (intégration Stockpit pour Sellsy). À un utilisateur, c’est raisonnable. À cinq, c’est 295 €/mois. Le coût s’accumule avec chaque personne ajoutée, indépendamment du volume de lots réellement géré.
Le troisième modèle est le natif complet. Odoo gère lot, numéro de série, date de péremption et FEFO nativement, comme stratégie de retrait configurable par emplacement, sans module payant (documentation Odoo Inventory). La contrepartie n’est pas une lacune fonctionnelle : c’est qu’un intégrateur est en règle générale nécessaire pour la configuration, ce qui pèse sur le coût total et le délai de déploiement.
Où se situe Qoblex
Une fois ces modèles posés, voici où se place Qoblex — une option de la « couche opérations », entre le tableur et l’ERP lourd. La traçabilité (lot, numéro de série, DLC/DDM/DLUO, FEFO et rapports de traçabilité avancés) est un add-on à 49 $/mois à plat, activable sur les plans Starter et Business sans changer de tier, et inclus sur le plan Scale. Le prix est le même quel que soit le nombre d’utilisateurs, et le déploiement ne demande pas d’intégrateur.
Une friction à nommer honnêtement : la facturation de l’abonnement est en dollars US. Le multi-devises couvre vos transactions, pas le prix du plan. Pour une PME française, c’est une contrainte réelle à connaître avant de signer.
Tableau comparatif — accès lot + péremption + FEFO selon les solutions
Légende : ✓ inclus nativement · ⚠️ add-on payant ou sous condition de tier · ❌ non natif.
| Capacité | Qoblex | Odoo | EBP Gestion Comm. | Sellsy + Stockpit Boost | Tableur / Excel |
|---|---|---|---|---|---|
| Lot / batch (sans add-on de base) | ✓ inclus dans l’add-on traçabilité 49 $/mois à plat | ✓ natif | ⚠️ module add-on, tier ELITE uniquement, sur devis | ⚠️ via Stockpit Boost — 59 €/utilisateur/mois | ❌ saisie manuelle |
| Date de péremption (DLC/DDM/DLUO) rattachée au lot | ✓ natif | ✓ natif | ⚠️ dans le module add-on ELITE | ⚠️ dans Stockpit Boost | Possible manuellement |
| FEFO appliqué à la préparation de commande | ✓ stratégie de retrait par emplacement, native | ✓ removal strategy par emplacement | Auto-sélection DLC à la création de document ; guidage picking bin-level non documenté | Auto-sélection DLC à la création de commande ; guidage picking bin-level non documenté | ❌ |
| Multi-entrepôt / emplacements (bins) | ✓ natif | ✓ natif + bins | Multi-dépôt ; bins non documentés | Multi-entrepôts ; granularité bin non documentée | ❌ |
| Rapport traçabilité ascendant / descendant | ✓ inclus dans l’add-on traçabilité | ✓ natif | ✓ dans le module add-on | Partiel via Stockpit | ❌ |
| Palier d’accès | Starter ou Business + add-on 49 $/mois à plat ; inclus sur Scale | Tous paliers ; intégrateur généralement nécessaire | ELITE uniquement + module sur devis | Tous paliers Sellsy + Boost 59 €/utilisateur/mois | N/A |
| Déploiement sans intégrateur | ✓ | ⚠️ intégrateur généralement nécessaire | ⚠️ ELITE + paramétrage | ⚠️ configuration Stockpit + intégration Sellsy | ✓ (limites opérationnelles) |
Note sur les cellules FEFO EBP et Sellsy : les pages produit de ces deux outils décrivent une « sélection automatique du lot dont la date est la plus proche » au moment de créer un document (facture ou commande). C’est un comportement FEFO au niveau documentaire, distinct d’un guidage de picking physique par emplacement — que ces pages ne documentent pas. Nous n’écrivons pas « EBP/Sellsy n’ont pas de FEFO » : ce serait faux.
Quand votre outil actuel suffit — et quand il ne suffit plus
Aucun de ces outils n’est mauvais, et changer d’outil a un coût. Voici, honnêtement, les cas où votre situation actuelle reste le bon choix.
Cas où le tableur tient encore
Mono-site, moins de 50 lots actifs, aucune obligation réglementaire de traçabilité lot/DLC, une ou deux personnes en stock, pas d’e-commerce : un tableur bien tenu tient la rotation, à condition d’être rigoureux et d’avoir peu de mouvements. Le remplacer par principe serait une dépense sans retour. Pour cadrer plus largement le moment où passer à un outil dédié, voyez notre guide pour choisir votre logiciel de gestion de stock.
Cas où EBP ELITE + module lot suffit
Vous avez déjà EBP ELITE, une gestion mono ou bi-site, et l’auto-sélection de la DLC à la facturation couvre votre besoin (sans picking multi-emplacement guidé). Si le module répond à votre obligation réglementaire sans changer d’outil, et que votre budget intègre le coût de l’add-on, c’est un choix valable.
Cas où Odoo avec intégrateur reste le bon choix
Vous avez le budget, les ressources internes et le temps de déploiement, et vous voulez le maximum de fonctionnalités sous un seul toit. Odoo gère lot, péremption et FEFO bin-level nativement et maturément. Si vous avez un intégrateur de confiance, restez-y. Nous détaillons cette comparaison dans Qoblex vs Odoo.
Cas où Sellsy + Stockpit Boost suffit
Vous êtes CRM-first, vous gérez déjà clients et devis dans Sellsy, votre volume de lots est modéré, et le coût par utilisateur de Stockpit vous convient. Si l’intégration fonctionne et que le coût reste acceptable à votre effectif, ce choix est cohérent.
Cas où Qoblex apporte sa valeur
Qoblex se distingue quand votre problème est opérationnel : multi-entrepôt avec emplacements, FEFO guidé physiquement au picking, multicanal natif (Shopify, Amazon, WooCommerce), et un coût à plat prévisible sans tier-jump ni facturation par utilisateur, déployable sans intégrateur. Ce n’est ni un ERP complet, ni un outil de facturation. C’est le milieu, traité proprement.
Note facturation électronique 2026. Qoblex gère vos stocks, votre traçabilité et vos opérations — pas la conformité fiscale. Qoblex n’est pas une Plateforme Agréée (PDP), ne génère pas de Factur-X et ne se substitue pas à Chorus Pro. Pour la facturation électronique, couplez Qoblex à votre outil comptable ou à votre PDP (Pennylane, Sellsy, Sage). Chaque couche fait ce qu’elle fait le mieux.
Questions fréquentes sur la gestion de lot et de péremption
Qu’est-ce qu’un logiciel de gestion de lot et de péremption ? Un logiciel qui attribue un numéro de lot à chaque réception, enregistre la DLC ou la DDM rattachée à ce lot, applique le FEFO au picking et génère des rapports de traçabilité ascendante et descendante. Il permet de reconstituer rapidement le parcours d’un lot en cas d’audit ou de rappel.
Quelle est la différence entre lot et numéro de série ? Le numéro de lot regroupe plusieurs unités produites ou reçues dans les mêmes conditions (même DLC, même fournisseur). Le numéro de série identifie une unité individuelle, tracée à l’exemplaire. Usage courant : le lot pour l’agroalimentaire et le cosmétique, la série pour les équipements et les médicaments à suivi unitaire.
Faut-il un logiciel de gestion de lot pour une PME en secteur réglementé ? Dès que vous distribuez des produits datés, la traçabilité par lot permet de retrouver rapidement les unités concernées en cas de rappel et de répondre à une demande d’audit. Le cadre réglementaire précis dépend de votre secteur et de votre rôle (fabricant ou distributeur) ; vérifiez l’obligation exacte auprès de votre autorité ou conseil sectoriel.
EBP gère-t-il les numéros de lot et les dates de péremption ? Oui, via le module N° de Série/Lot — un add-on disponible sur le tier ELITE uniquement, sur devis (page module EBP). Le module auto-sélectionne la DLC la plus proche à la création de document. La gestion du lot n’est pas incluse dans le tier de base.
Sellsy gère-t-il les lots et les dates de péremption ? Pas dans le module stock natif : cela passe par l’add-on tiers Stockpit, dont le plan Boost démarre à 59 € par utilisateur et par mois (intégration Stockpit pour Sellsy). Ce plan inclut la gestion des dates d’expiration et l’attribution automatique du lot le plus proche de péremption à la commande.
Odoo inclut-il la gestion de lot et le FEFO nativement ? Oui. Odoo gère le lot, la date de péremption et le FEFO comme stratégie de retrait configurable par emplacement, nativement et sans module payant (documentation Odoo Inventory). Un intégrateur est en règle générale nécessaire pour la configuration, ce qui pèse sur le coût total de déploiement.
Qoblex inclut-il la traçabilité par lot dans tous les plans ? La traçabilité (lot, série, DLC/DDM/DLUO, FEFO et rapports avancés) est un add-on à 49 $/mois à plat, activable sur les plans Starter et Business sans changer de tier, et incluse sur le plan Scale. La facturation de l’abonnement est en USD.
Quel est le coût d’une traçabilité par lot pour une PME de 5 utilisateurs ? Cela dépend du modèle. Qoblex : 49 $/mois quel que soit le nombre d’utilisateurs. Stockpit Boost pour Sellsy : 59 € × 5 = 295 €/mois. EBP : module sur devis, avec le tier ELITE requis au préalable. Odoo : natif, mais le coût dépend de l’intégrateur.

